Guidel Plage

Plage de Guidel Plage

 

  • Nom : Guidel Plage – Plage de la Falaise et Plage de l’Anse du Bas Pouldu
  • Commune : Guidel
  • Longueur : 1 km
  • Granulométrie moyenne : sable moyen/grossier
  • Haut de plage : dune haute et végétalisée

 

 

 

Notre découverte du littoral Morbihannais commence à l’extrême Ouest du département par la plage de Guidel Plage. Atypique de par sa localisation et sa forme, cette plage très fréquentée a beaucoup à nous raconter.

Vue d’ensemble de la plage de Guidel Plage (source : LGO 2019)

Longue de plus d’un kilomètre, elle est constituée de deux plages sableuses : l’une large au Sud (plage de la Falaise) et l’autre plus réduite au Nord (plage de l’Anse du Bas Pouldu) le tout surmonté d’une dune végétalisée haute et massive. La partie Ouest de cette dune est classée zone ENS (Espace Naturel Sensible) et gérée par le Conseil Départemental du Morbihan. La plage de la Falaise connait depuis les années 50 un fort recul. L’érosion est un problème majeur sur ce site, menaçant la route départementale située juste au bord de la dune dans la partie Est de la plage. Au début des années 2000, le fort recul de la dune a laissé apparaître un blockhaus au niveau de la pointe de la plage.

La plage se situe à la frontière entre Morbihan et Finistère, au niveau de l’embouchure de la Laïta. La plus grande particularité de ce site est sa forme. En effet, son extrémité Ouest est en contact direct avec la rivière de la Laïta. La conséquence de cette cohabitation est la formation d’une « pointe sableuse mobile » à son extrémité aussi appelée flèche sédimentaire. Ce genre de formation est assez rare, une quinzaine de cas en Bretagne.

Vue aérienne de la Flèche sédimentaire de la plage de Guidel Plage, son blockhaus et la Laïta (source : LGO 2019)

La présence d’une flèche sédimentaire implique une dynamique importante du sable qui constitue la pointe de la plage. Quand les conditions sont assez fortes (marées, courants, houle, tempêtes…) des parties entières de cette pointe peuvent se détacher. Cela entraîne la formation de bancs de sable plus ou moins massifs qui, au même titre que la pointe, sont mobiles. C’est-à-dire qu’ils vont se déplacer au gré des marées, des courants et de la houle. Cela pose de nombreux problèmes, notamment pour la navigation. En effet, en arrière de la plage et au sein de la Laïta se trouve le port de Guidel Plage. Passer l’embouchure de la Laïta n’est donc pas une mince affaire. Une partie des bancs de sable, poussée par la houle de l’Atlantique, fini toujours par se réintégrer à la plage et le cycle peut recommencer.

Cette mobilité naturelle entraîne des changements presque quotidiens de cette plage, ce qui rend uniques chacune de nos visites sur ce site.

Vous l’aurez compris, les problématiques liées au sable sont omniprésentes sur cette plage et cela ne date pas d’aujourd’hui. On a longtemps extrait du sable de ce site pour divers usages (construction, agriculture, etc…). Au début du 20ème siècle, ces prélèvements restaient anecdotiques. Mais, pendant la seconde guerre mondiale et au même titre que de nombreuses plages de l’Ouest du département, des prélèvements massifs de sables ont été effectués. Par l’armée allemande dans un premier temps, pour construire les bâtiments militaires du mur de l’Atlantique ou la base sous-marine de Lorient. Un chemin de fer assez développé avait d’ailleurs été réalisé à Guidel Plage, spécialement pour acheminer ce sable dans diverses villes. Puis, dans un second temps, ce sable a été utilisé pour la reconstruction de villes comme Lorient.

Comparaison de plusieurs photos aériennes du site de Guidel Plage (source : IGN)

Notre première visite s’achève sur cette anecdote historique. Dans quelques jours, vous aurez la chance de continuer cette balade sur la côte Morbihannaise. Nous nous rendrons un peu plus à l’Est sur une plage située non loin de Guidel Plage.

Nous espérons avoir piqué votre curiosité au travers de ce premier article et que le suivant vous captivera tout autant !

A très vite et n’oubliez pas, Restez chez vous !

L’équipe de l’OCLM

 

Pour continuer la visite de cette plage nous vous proposons de visualiser ces deux modèles en 3D réalisés par le LGO (Laboratoire Géosciences Océan).

%d blogueurs aiment cette page :