Plage de la Nourriguel

Plage de la Nourriguel

 

  • Nom : Plage de la Nourriguel
  • Commune : Larmor-Plage
  • Longueur : 400 m
  • Granulométrie moyenne : Sable moyen et grossier
  • Haut de plage : Fin cordon dunaire, arrière plage très urbanisé

 

 

Nous terminons notre passage à Larmor-Plage par une dernière escale sur la plage de la Nourriguel. Portant le nom du boulevard qui la longe, la plage de la Nourriguel, orientée Sud-Est et située à l’embouchure de la rade de Lorient, vous offre une vue imprenable sur la citadelle de Port Louis datant du 16ème siècle.

Constituée de sable moyen et grossier et longue d’environ 400 m, elle présente une forme légèrement concave ainsi qu’un profil intermédiaire (cf. plages précédentes). Cependant, elle n’est pas comprise entre deux pointes rocheuses comme ses voisines. Beaucoup plus anthropisée que les espaces précédemment présentés, la Nourriguel est coincée entre une pointe rocheuse au Sud-Ouest et un épi au Nord-Est. Le haut de plage est quant à lui totalement muré afin de protéger le boulevard qui longe le site.

Partie Nord-Est de la plage de la Nourriguel (source : LGO 2020)

Interdite à la baignade (arrêté municipal du 2 octobre 1995) et à la pêche à pied (arrêté préfectoral du 12 février 2001) depuis plusieurs années, la plage de la Nourriguel n’est pas la zone balnéaire la plus prisée du secteur. Par le passé, elle a reçu plusieurs rechargements de plages : environ 30 000 m3 en 2008 provenant des kaolins et 15 000 m3 en 2012 issus des dragages d’un secteur de la rade de Lorient.

Rechargement de plage, mais de quoi s’agit-il ? Un rechargement de plage est une technique dite « douce », visant à compenser le déficit sédimentaire d’une plage en y important du sable de même taille ou plus grossier que celui du site. L’objectif est d’augmenter la largeur de la plage et de remonter son altitude afin de permettre un développement balnéaire et de protéger l’arrière plage.

Evolution de la plage de la Nourriguel entre 1953 et 2013 (source : IGN)

Ce sable est souvent issu de dragages réalisés à proximité du site : soit au large, soit dans des chenaux ou ports proches. Dans les deux cas, il est importé par bateau barge et/ou pompes puis est directement déversé sur le site voulu. Dans des situations plus rares, quand le sédiment n’est pas disponible à proximité, il peut être acheminé par camions. Enfin, des engins de chantiers répartissent le sédiment fraîchement déposé pour modeler la nouvelle plage.

En ce qui concerne la Nourriguel, ces rechargements ont été effectués en grandes partie pour protéger le haut de plage. En effet, depuis de nombreuses années, le mur qui protège la route et les habitations située à proximité se voit fortement détérioré par les assauts de la mer. Des archives datant des années 50 évoquent déjà la vulnérabilité du site et les dégâts subit dans cette zone.

Photo des deux épis installés à la Nourriguel (Source : LGO 2019)

Afin de palier à cette situation, un premier épi en bois a été construit en 2008, associé au rechargement de sable précédemment cité. Un épi est un ouvrage de protection transversal au trait de côte, construit pour « bloquer », en partie, la circulation du sable selon son sens. Ce courant s’appelle la dérive littorale. Elle est induite par l’angle formé entre la plage et l’orientation des vagues qui viennent s’y écraser.

Schéma explicatif du courant de dérive littorale (source : LGO 2020)

En bloquant ce déplacement, les épis permettent généralement d’accumuler du sable et de stabiliser une partie d’une plage.

Schéma explicatif du fonctionnement des épis (source : LGO 2020)

Ce premier épi, associé à un rechargement en sable de la plage, a permis de stabiliser la situation pendant quelques années. Malheureusement, en 2012, un deuxième épi a été ajouté et un nouveau rechargement a dû être effectués en raison de la dispersion du sédiment de 2008. Ces dernières années, de gros dégâts ont encore été occasionnés sur la digue de la Nourriguel, notamment en 2014 et 2018 où des pans entiers de mur sont tombés, la chaussée et certains jardins ont également été endommagés.

Photo issue de la station CoastSnap installée à le Nourriguel lors d’un coup de vent en mars 2020 (source : LGO 2020)

Ce site très vulnérable est, comme l’Anse du Stole, équipé d’une station de suivi du trait de côte CoastSnap. Installée par Lorient Agglomération et le Laboratoire Géosciences Océan, elle devrait nous permettre de suivre l’évolution du site et de mieux comprendre son comportement face aux conditions météo-marines extrêmes. N’hésitez pas à l’utiliser une fois le confinement terminé !

Station CoastSnap installée à la Nourriguel (source : LGO 2020)

Notre visite à la Nourriguel s’achève. Si cette série d’articles vous intéresse, nous vous invitons à nous joindre pour traverser la rade de Lorient, afin d’atteindre notre prochain lieu de visite. En attendant, n’hésitez pas à partager et à commenter. Nous sommes présents pour répondre à toutes vos questions.

 

A très vite et n’oubliez pas, Restez chez vous !

L’équipe de l’OCLM

 

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